BEAUCOUP DE BRUIT POUR RIEN ???
.
Les modes de cultures ont changé, l’agriculture ne joue plus son rôle. La carte de France « Les cultures oléagineuses », qui était suspendue au mur de mon école il y a 50 ans mentionnait la navette, le chennevis, le chanvre, la cameline, le lin, ou l’oeillette. Ces noms chantent à mes oreilles…, mais ils sont passés à la trappe du progrés en emportant leurs omega 3.
La diversité a disparu et le pourpier de nos jardins et sentiers, herbe folle gorgée d’oméga 3, est persécuté par les insecticides. Mon arrière-grand père était cantonnier à Sorgues. Il ignorait que son rôle était aussi important que celui du médecin pour la santé du village. Mais, aujourd’hui, Dame vache n’a plus le temps de faire l’école buissonnière et sa ration est sévèrement controlée. Le label de Bruxelles n’a pas inclus le pourpier dans son menu. Circulez…
Les aliments ne contribuent plus à la santé. Les carences se répercutent en cascade.
Je n’ai pas mené d’études épidémiomogiques, mais dans mon entourage la moitié des enfants souffrent de dermatites. Heureusement, les labos ont trouvés une parade avec les pommades aux corticoïdes.
Les problèmes de dépression chez l’adolescent sont fréquents, mais Saint Prozac veille sur eux.
La R&D peut se consacrer à Alzheimer. Les labos vont lui porter l’estocade. Personnelement je regrette… Les vieux nous laissaient enfin tranquilles avec leur histoire, leur souvenirs.
Ma mère veut m’apprendre à faire le savon pour qu’il garde sa glycerine et diminue mes allergies. Elle m’a rappellé que quand j’étais enfant, nous mangions du poisson tous les vendredi (quelle idée!) et qu’il y avait toujours une corbeille de fruits secs sur la table. Que ces vieux sont lassants…
Conclusion :la carence en communication est largement supérieure à la carence en omega3, même s’il est vrai qu’un mélange d’huile prête à consommer serait plus pratique pour la ménagère…
LA FARANDOLE DE L’INUTILE …
En 1991, Jean-Marie Bourre dans son livre de référence « LES BONNES GRAISSES » aux éditions Odile Jacob (1ère édition) p. 322
» Mais plutôt que n’importe quelle l’huile… un mélange semble plus efficace…Et dire qu’il a fallu attendre 1989 pour qu’un mélange soit commercialisé…c’est probablement ainsi qu’a été crée le dernier né de Lesieur ISIO4…Espérons que d’autres produits du même type seront bientôt mis à la disposition du consommateur. »
En 2003, 12 ans ont passé, des commissions ANC se sont réunies, et dans la 3e édition de son livre « DIETETIQUE DU CERVEAU », aux éditions Odile Jacob, Jean-Marie Bourre écrit
» … Eventuellement un mélange de votre choix, moitié colza, moitié olive par exemple, en attendant le frère d’ISIO4 (qui devrait contenir beaucoup plus de colza. » p. 16
Les chercheurs prêchent-ils dans le désert ?
Force est de constater que leurs avancées ne se retrouvent pas rapidement sur les rayons des supermarchés.
Pourquoi ? Parce qu’il y a confusion des genres. En effet, on attribue à l’industrie agroalimentaire la charge de la santé des populations. Ce n’est pas son rôle. Le rôle de l’industrie est de vendre au mieux les produits qu’elle fabrique et de satisfaire associés et épargnants. Faire des profits est sa raison d’être. Elle est moteur de notre société. L’industrie pense à elle.
Et si nous pensions à nous ?
La santé publique par une alimentation raisonnée est certes l’affaire des Pouvoirs Publics, mais le rôle principal revient aux intervenants de premier plan que sont les chercheurs, les diététiciens, les nutritionnistes. C’est en raison de leur évolution quotidienne dans le vivier des « carencés « , leurs travaux, leurs observations, leur expérience que les orientations de santé publique doivent être définies mais aussi relayées vers l’industrie agroalimentaire. Pour le public même averti, les études sont souvent contradictoires. Si chacun s’agite dans les limites de son rayon d’action, les résultats concrets sont loin d’être satisfaisants : il aura fallu des années pour faire passer le message qui nous arrive perverti dans son analyse, dévié par un marketing racoleur, saucissonné dans une étiquette illisible et habillé d’une gelule, alchimie moderne venant apaiser le dernier mal très « tendance »… c’est la farandole de l’inutile
De ce constat est née l’idée d’une » Coordination W3 » …
UNE ACTION COORDONNEE Le bon sens vient souvent de la base, d’une sorte de « coordination » militante.
La dernière étude de consommation alimentaire individuelle portant sur l’estimation des apports en acide linoléique et alpha linolénique a été l’enquête INCA en 98 et 99, mais elle ne tenait pas compte des AGPI-LC . Elle concluait à une estimation de consommation d’acide alpha linolénqiue de 0.1 à 0.2 gr/jr et d’acide linoléique 1 à 2 gr/jour. l’AFSSA en 2001 estimait qu’il y avait » impossibilité de s’appuyer sur l’enquête INCA pour proposer un enrichissement en omega3 » De son côté la fameuse enquête SUVIMAX porte sur les années 94 à 98, mais la nature des huiles végétales et des margarines n’est pas précisée…
Les études sont nombreuses et fouillées, mais les applications pour le consommateur quasiment inexistantes. Depuis 8 ans, dans notre société CODINA nous fabriquons des omega3. Nous ne comprenons pas les circonvolutions qui ont mené à l’usage exclusif de la gelule. Pour mieux secouer l’huile comme certain jus de fruits célèbre ou bien pour leur faire voir du pays. Carence de bon sens ?
Autre affaire non élucidée; les dérivés DHA et EPA depuis la nuit des temps sont fabriqués à partir du précurseur alpha-linolénique. La découverte des régimes esquimaux dans les années 80 a modifier l’espèce et aujourd’hui, il semble que notre organisme ne sache plus très bien les fabriquer.
Aux Etats-Unis, la FDA a du limiter à 2 gr/jour le maximum de longues chaines pour cause de surconsommation, mais leurs GI en blouse blanche ont débarqué en juin 2003 sur nos plages et les nouveaux gourous ne jurent qu’en C20 et C22.
Et si nous prenions simplement tous les jours le précurseur C18 comme nos grand-parents ? Il suffirait de manger du poisson un jour par semaine, au cas où la fainéante enzyme D6D ne fasse pas bien son travail. Ma mère propose le vendredi (?). Mon ami Almamy est d’accord, c’est le jour du Tieboudien, plat national sénégalais (riz + poisson). Alors, attendre la prochaine enquête ? ou préparer une action coordonnée, moins ambitieuse, mais pratique et concrète : Une huile de table avec un bon goût d’huile d’olive ou de noix et quelques ajouts appropriés (huile de chanvre, huile de cameline) peut résoudre immédiatement le problème.
L’important sera de faire évoluer les pourcentages :
Quel pourcentage omega 3 / omega 6 ? quelle quantité totale ?
Interrogeons un praticien responsable, recevant des dizaines de clients, il va nous donner un avis empirique mais sûr et étayé.
Interrogeons 100 praticiens, une valeur statistique ressortira immédiatement.
Si « Vendre ce qui est fabriqué » caractérise la production agroalimentaire industrielle, « Fabriquer ce dont le consommateur a besoin en matière d’acides gras essentiels » est notre objectif et les deux premières huiles sont présentées pour DIETECOM 2004 (version 2004) L’étude annuelle sera conduite auprès d’un panel de nutritionnistes médecins et de diététiciens permettant statistiquement de calculer l’apport direct d’omega 3 à conseiller.
Nul n’est prophète en son pays …
La prévalence de la dépression semble augmenter continuellement depuis le début du siècle… il a été suggéré que cela pouvait être lié aux modifications profondes des comportements alimentaires, caractérisé par une diminution des aliments contenant des omega 3…..
Les omega 3 se trouvent dans l’huile de lin, les graines de soja, le blé et les poissons d’eau froide… (Colin A, Reggers J, Castronovo V, Ansseau M. Assistante Clinique, Universite de Liege, CUP La Clairiere, Bertrix. Encephale 2003 Feb;29(Pt 1):49-58
Sur des dizaines d’études portant sur les omega3, en langue française, le chanvre et la cameline sont cités 0 fois.
En langue anglaise « Hemp » et « Gold of pleasure » apparaissent un peu plus souvent……
Et pourtant elle tourne …
En 1997, nous avons trituré un premier camion de 20 tonnes de graines de chanvre bien français, sans THC. Nous avons obtenu 6 tonnes d’une magnifique huile de chanvre de première pression contenant 21 % d’acide alpha linolénique soit l’équivalent de 1.260 kg d’omega3.
En considérant les ANC 2001 soit 2gr/jour d’acide alpha linolénique, cela représente 630.000 doses journalières
Si on considère que rien n’oblige un fabricant à faire mettre les huiles dans des gelules pour les faire avaler aux consommateurs (sauf pour les experts en marketing bien sûr) et qu’une bonne partie des besoins en longues chaînes EPA et DHA est fabriquée par le corps, on a du mal à saisir la problématique actuelle.
Il est vrai que même sans THC, les gens bien intentionnés pourraient penser que le chanvre influe sur l’humeur voir l’émotion, quel scandale!!
La belle huile de cameline a l’odeur de chou et d’asperge et contient environ 30 % d’omega 3 et tout un chacun peut rajouter dans sa salade.
NB :Ces deux huiles sont autorisées en France contrairement à l’huile de perilla